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Introduction

Pour qui s’intéresse de longue date à la notion d’allocation universelle, le vif intérêt que cette idée suscite en France depuis quelques mois est une agréable surprise, d’autant plus que la notion trouve désormais des partisans dans des partis politiques très différents. Cependant, la réflexion doit, pour être féconde, s’engager sur des bases précises, car un consensus aussi large peut être en grande partie factice et risque de voler en éclats, dès lors que l’on commence à entrer dans le détail des modalités d’application (niveau et financement de l’allocation, insertion dans le système de protection sociale, etc…). Or, si le débat politique et intellectuel en France rattrape son retard sur la question de l’allocation universelle, il convient de rappeler que la réflexion contemporaine en Europe et dans le monde depuis au moins trente ans , est en grande partie alimentée par l’acuité des idées libérales sur la question de la justice sociale, aussi bien en termes de philosophie politique et morale qu’en termes d’économie normative. Contrairement à la vision caricaturale prédominante en France, le libéralisme contemporain ne se réduit pas à ce qu’un tic de langage très répandu appelle le « néo-libéralisme ». La réflexion libérale abrite en effet des débats passionnants, en particulier entre auteurs « libertariens », dont les divers représentants défendent un éventail très large d’options politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Pour ma part, je voudrais défendre l’idée que l’allocation universelle peut relever d’une optique plus classiquement libérale que j’appelle « l’économie de l’égalitarisme libéral ». Le point d’ancrage de cette analyse se situe dans l’œuvre philosophique de Rawls, qui n’est certes pas partisan de l’allocation universelle mais qui offre néanmoins le cadre général adéquat, en particulier par la hiérarchie des principes de justice qu’il défend (I). Au troisième niveau de cette hiérarchie, se trouve en effet le « principe de différence » dont l’interprétation économique est matière à débat, en particulier sur le rôle du travail comme facteur d’intégration privilégiée à la société. C’est à ce niveau que se situe la controverse des « surfers de Malibu » qui oppose Rawls à Van Parijs, ce qui permet à ce dernier de fonder le caractère inconditionnel de l’allocation universelle (II). Reste alors à passer de la philosophie à l’économie de l’allocation universelle, en montrant comment cette dernière peut être considérée comme une variante précise d’impôt négatif sur le revenu. A ce stade, une relecture de l’intuition de Friedman sur la question se révèle très utile, en permettant de considérer le revenu d’existence comme un « crédit d’impôt universel » (III). En conclusion, sont esquissées dans le cas de la France quelques observations sur les modalités éventuelles d’application de cette conception du revenu d’existence (IV).

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