Le 19 janvier 2017, le revenu universel a animé le troisième débat des primaires de la gauche, avec un scénario implicite : tous contre Hamon. Jean-Luc Bennahmias était le seul à apporter son soutien à la proposition phare de son concurrent, avec cette sortie qui restera dans les anales : « Benoît, te décourage pas, c’est la seule idée nouvelle qu’on ait eu depuis des années ! ».

Cette longue séquence peut être revue ici, de la 30ème à la 48ème minute.

Après plusieurs jours de mise en question systématique par les média du sérieux du financement proposé par Benoît Hamon, la tonalité de cet échange était très différente de celle du premier débat, une semaine plus tôt.

Comme le constate Léa Salamé à la 48ème minute, en tentant pour la troisième fois de conclure la séquence sur le revenu universel, « manifestement, c’est un sujet qui vous passionne, qui vous divise ». Cette séquence restera dans les annales, d’abord par la vigueur des propos échangés, Benoît lâchant à son ancien compagnon Arnaud Montebourg un désabusé « t’as pas le droit, c’est pas sérieux ».

Rappelons que l’enjeu de ces joutes n’est pas de répondre en direct à la question difficile de la pertinence du revenu universel d’existence, mais bien d’orienter le vote du maximum d’électeurs de gauche lors des primaires de ce dimanche. Et lors de ce troisième débat, il s’agissait d’affaiblir un adversaire dont les sondages mesurent la progression.

Il est intéressant de repérer la communication non verbale, difficile à maîtriser, qui en dit beaucoup sur les sentiments qui animent chacun.

regard_valls_hamon

A l’instant capté ci-dessus à la 44ème minute, on mesure la satisfaction de Manuel Valls alors que Sylvia Pinel énonce un argument un peu éthéré contre la proposition de Benoît Hamon. On a ainsi pu entrevoir un candidat qui se bat pour une idée, par conviction, mais qui n’est pas insensible aux attaques dont il fait l’objet.

Alors que François Fillon a brillamment réussi son parcours à la campagne de droite, en montrant une assurance indestructible, sans frémissement de ses sourcils légendaires, on peut émettre l’hypothèse que Benoît Hamon marque des points à gauche en encaissant certaines attaques avec une émotion perceptible, révélant son humanité.

Quelle que soit l’issue de la primaire, il restera un travail d’approfondissement long à mener, aussi bien parmi les sympathisants de gauche que de droite. L’association A.I.R.E. poursuivra sa mission pour alimenter cette réflexion, avec ses partenaires, ainsi que le signale Julien Damon dans Les Echos de ce jour.

 lesechos_damon_2017-01-20

Les candidats de droite comme de gauche doivent encore travailler le sujet, pour éviter d’en rester à une analyse primaire caricaturale, limitant leur critique du revenu universel à la défense consensuelle d’une « valeur travail » énoncée par Jean-Luc Mélenchon, Manuel Valls, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen.

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