Le 7 février 2017, la Fondation Jean Jaurès publie une note particulièrement intéressante écrite par deux proches de l’AIRE. David Djaïz en est administrateur. Julien Dourgnon est un ancien élève de Yoland Bresson, co-fondateur de notre association. Ce texte s’inscrit dans une série de contributions plus ou moins heureuses de la fondation PS au débat sur le revenu universel.

En mai 2016, la publication d’une note « le revenu de base, de l’utopie à la réalité » signée par Jérôme Héricourt et Thomas Chevandier, a soulevé l’indignation de tous les promoteurs d’une forme de revenu universel. Ils y expliquaient qu’il serait possible d’instaurer un revenu de base de 750 euros sans modifier la fiscalité, mais en supprimant l’essentiel de la protection sociale actuelle : système de santé, retraites, assurance chômage, prestations sociales et familiales, aides au logement, etc.).

A quelques exceptions près, les média ont maladroitement considéré que cette note calamiteuse était une proposition experte d’un revenu universel, alors que les auteurs sont en réalité des critiques du concept. Leur texte a pour but de le décrédibiliser. L’état d’esprit des auteurs transparait dans le texte : « la mise en œuvre du revenu de base ne nous paraît pas répondre de façon satisfaisante aux défis de la protection sociale au XXIe siècle et soulever de nombreuses interrogations quant à ses incidences socio-économiques ».

La Fondation Jean Jaurès, présidée par Gilles Finchelstein, est également à la manœuvre sur le projet d’expérimentation du département de Gironde, présidé par Jean-Luc Gleyze. Le 27 octobre 2016, ils recevaient ensemble le premier ministre Manuel Valls pour le lancement du projet. Il est intéressant de noter qu’à cette occasion, Manuel Valls évoquait la belle idée du revenu universel, en insistant sur la nécessité de ne pas fragiliser la protection sociale actuelle (à l’inverse du rapport de la fondation), qu’il défendait quelques semaines plus tard le Minimum décent de la fondation Terra Nova, et s’insurgeait lors de la primaire contre le projet de Benoît Hamon

La Fondation Jean Jaurès est également partie prenante des réflexions du Cepremap de Daniel Cohen sur la fusion du RSA et des aides au logement. Même si cette équipe insère habilement sa proposition sous l’ombrelle du « revenu universel » (la fameuse stratégie du coucou), cela n’a évidemment rien à voir. Lors de son audition par la mission d’information du Sénat le 30 juin 2016, Daniel Cohen a surpris les sénateurs en vendant son projet de fusion RSA-APL, plutôt qu’exprimer le moindre avis sur la question d’un revenu de base inconditionnel.

Au final, nous espérons que la publication de la note de David Djaïz et Julien Dourgnon est la première étape d’une clarification conceptuelle nécessaire de la fondation Jean Jaurès.

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